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Recherche : L'entraînement sur piste artificielle

Date : 20/04/2009

Vers l'âge de six mois, quand votre chien est obéissant, vous pouvez commencer à l'éduquer sur une piste artificielle. Il y a trois façons de procéder : piste tamponnée, avec des semelles traceuses et piste saine et froide

Piste tamponnée

Comme son nom l'indique, cette méthode consiste, soit en forêt ou dans une prairie - la (les) première(s) fois - à tracer la piste en marchant avec, à la main, un bâton ou une canne (pour marquer en dehors des traces et de l'odeur familière du maître) au bout duquel on a fixé un morceau d'éponge (de 1 cm d'épaisseur) trempé dans du sang, avec lequel le sol sera tamponné sur une distance de 50 m en ligne droite (c'est la première …).

Directement après avoir posé la piste, mettez le chien en condition en posant un genou à terre et en vous intéressant au sang qui marque le début de la trace. Montrez l'endroit à votre chien qui se trouve à une dizaine de mètres et que vous allez aller CHERCHER pour le mettre au début de la piste et le faire chercher en l'encourageant de la voix : " Au sang ".

Vous serez étonné de voir avec quel empressement votre chien cherchera et suivra la trace de sang. Arrivé en bout de piste, félicitez-le et donnez-lui une récompense.  L'idéal est de lui offrir un morceau de VENAISON CORRESPONDANT TOUJOURS AU SANG avec lequel vous avez tracé la piste, sous peine de risquer de l'habituer à " prendre le change ".

NE JAMAIS TRACER UNE PISTE AVEC DU SANG DE SANGLIER ET DONNER DE LA VENAISON DE CERVIDÉ.

NE JAMAIS TRACER UNE PISTE AVEC DU SANG DE CHEVREUIL, car celui-ci, d'après d'éminents spécialistes, est trop attractif et plus tard, dans la pratique, votre chien aurait tendance à prendre le change sur le chevreuil. Au fur et à mesure des progrès de votre chien, augmentez la distance et le temps séparant la pose de la piste et la recherche.

Si votre chien travaille convenablement, sans difficulté, la piste sur 100 m, vous devez compliquer celle-ci par une courbe qui, jour après jour, se refermera pour arriver à faire un angle droit ; Au début, vous devez tamponner la piste tous les pas (selon la taille du chien : de 30 - pour un teckel - à 60 cm - pour une plus grande race).  Vu l'évolution du chien vous devez arriver à tracer une piste d'un km avec 200 cl de sang. Sur celle-ci, il faut veiller à laisser des indices : morceaux de viande, os, peau, et, chaque fois que votre chien s'arrêté et montre l'indice qu'il a découvert, dites-lui : " laisse voir " ; cela l'encourage et l'entraînera à vous montrer ceux qu'il pourrait trouver sur la voie, point très important dans vos recherches futures.

Après trois mois d'un entraînement régulier et fructueux, votre chien doit être capable d'effectuer une piste d'au moins 1 km, comportant deux ou trois angles minimum, et cela 24 heures après la pose de la piste. Il doit aussi être à même de traverser un ruisseau et de faire un contre-pied (revenir sur vos pas, sur une distance de 20 à 30 m au moins). Un gibier blessé agit souvent de la sorte pour mettre les chiens en défaut. A l'âge d'un an, si votre chien est capable de faire ce genre de piste, vous avez peut être la chance d'avoir rencontré un chien qui pourra devenir un chien de sang. Ce n'est que vers 4 et 5 ans que l'on pourra dire s'il est digne de ce titre.

En effet, l'éducation et la recherche réussie exigent beaucoup de disponibilité et de travail, pour le maître, comme pour le chien… Pour y parvenir, pas de miracle, cela nécessite de TRAVAILLER SOUVENT AVEC LUI !

Éduquer un chien pour faire trois ou quatre sorties par an, mieux vaut s'abstenir ; c'est réellement une perte de temps pour le maître qui n'aura jamais un chien performant...  En battue, combien de fois ne voit-on pas de chasseurs, avec des teckels ou d'autres races, se vanter d'avoir un chien de sang et qui, lorsqu'il y a un gibier blessé, ne sont pas très chauds pour " aller sur le gibier " ou alors ils ont la réaction opposée : ils foncent... Lors d'une battue, j'ai entendu un chasseur qui se disait satisfait de son teckel parce que celui-ci lui avait retrouvé un renard. Je lui souhaite bonne chance, car son chien le mènera plus souvent dans un terrier que vers le gibier blessé.

Semelles traceuses

Ce système consiste à tracer une piste avec des semelles auxquelles on adapte des pattes de sanglier ou de cervidé. Comme pour la piste tamponnée, vous devez poser la piste en marchant dans le bois, ne pas faire votre piste dans un fourré ou autres endroits où vous ne pourriez pas voir le travail de votre chien, car vous devez voir et comprendre le moment où le chien prend le change, car TOUS LES CHIENS le prennent un jour ou l'autre, malgré une éducation parfaite.

Tout comme une piste tamponnée, vous devez compliquer celle-ci au fur et à mesure. Cette manière de faire est presque comme au naturel ; c'est pourquoi personnellement je ne travaille presque plus avec du sang, car sur  une véritable recherche, le sang a disparu après quelques dizaines de mètres et c'est alors que votre chien doit suivre le gibier blessé sans " donnée " de sang.

Cette méthode est aussi plus facile à effectuer. Tout comme pour la précédente, il ne faut, en aucun cas, allonger la durée séparant la pose de la piste et le début de la recherche, tant que votre chien n'effectue pas sa piste convenablement. Si vous voyez qu'il a des difficultés de terminer la piste, laissez-le un jour ou deux sans travailler et recommencez une piste plus facile et plus courte en temps, afin qu'il puisse réussir son exercice ; félicitez-le plus longtemps qu'à l'ordinaire, ne soyez pas avare de caresses lorsqu'il a réussi sa piste et TOUJOURS une récompense à la fin de son travail.

Piste saine et froide

Certains ont, peut être, la chance de posséder un territoire où le gibier abonde. Cela rend cette éducation plus facile, car cette méthode demande énormément de temps et de connaissances de la part du conducteur. Le matin de préférence, vous devez repérer un gibier (cervidé ou sanglier), pour bien faire une bête seule ; au début deux ou trois bêtes ensemble peuvent faire l'affaire.

Vous devez suivre la (leur) trace sur la plus longue distance possible. Je vous conseille de noter et même de dessiner le passage du gibier car, quelques heures après, même si vous êtes habitué, vous ne vous souviendrez plus de la piste. Après une ou deux heures d'attente, mettez le chien sur la voie et laissez-le faire et suivre la trace du gibier. Arrivé au bout de celle-ci, c'est à dire là où vous n'aurez plus de possibilité de contrôle, retirez-le chien, en le portant si c'est un petit chien ou en le soulevant des pattes avant si c'est un chien de grande taille, en lui signifiant qu'il a terminé son travail.

Certains chasseurs vont certainement trouver cette méthode contraire, vu que l'on demande au chien de suivre un gibier sain. Cette méthode est celle employée par les allemands. D'après les plus grands spécialistes, un chien qui tient la piste saine et froide méthodiquement, tiendra plus facilement la piste d'un gibier blessé et donnant du sang.

J'ai essayé d'éduquer mon Rouge de Hanovre de cette manière, j'ai eu la chance d'avoir l'autorisation d'un ami de disposer de son territoire, je peux vous dire que cela n'a pas été du tout facile. Mais je pense que c'est la meilleure méthode pour éduquer un chien de rouge.

CONCLUSIONS

Je ne suis pas trop entré dans les détails de l'éducation, car chaque conducteur a son point de vue là-dessus et je n'ai pas la prétention de détenir la vérité. Mais il ne faut pas non plus que les conducteurs expérimentés gardent en eux leurs expériences et leurs savoirs, il faut encourager les nouveaux conducteurs à persévérer et c'est ainsi que nous aurons des équipes maître et chien performantes.

Souvent on me demande si telle ou telle race est meilleure, pour ma part toutes les races aptes à faire de la recherche ont leurs inconvénients et leurs qualités, mais je n'encourage pas les personnes qui croyant avoir un chien de sang à continuer si ce n'est pas pour faire de la recherche sérieusement, car la recherche demande beaucoup de sacrifices, et surtout de la disponibilité. Pour réussir, il faut de l'instinct, du flair et surtout la PASSION et, si vous réussissez, ce que je souhaite à tous ceux qui entreprennent la recherche, vous vous apercevrez que la chasse est autre chose que de tirer. Il est évident que cette réussite dépendra de votre chien, mais surtout de vous.

Ne faites surtout pas de la recherche pour la gloriole, car je peux vous dire que cela ne paie pas. Certains ont essayé pour se faire inviter sur certains territoires giboyeux ou par intérêt financier. Tous en sont revenus ! Car la recherche est une tâche des plus ingrates du monde cynégétique, vous serez critiqué malgré que vous ayez retrouvé du gibier, et certains chasseurs oseront même critiquer votre chien qui, lui, risque sa vie pour retrouver leur gibier qu'ils ont blessé. Cela m'est arrivé. Tout conducteur doit un jour ou l'autre mettre sa fierté en poche, soit on aura retrouvé son gibier ou un autre conducteur aura retrouvé le gibier mort à quelques dizaines de mètres de l'endroit où il s'est arrêté.

Il y aura aussi les critiques les plus diverses à votre égard, malgré que vous aurez passé une demi-journée à quatre pattes dans le fourré, seul, car lui, le chasseur, vous attend bien au sec en dehors. Mais le vrai conducteur devra faire abstraction de tout cela et n'écouter que le bon sens et suivre son chien et devenir comme Saint Thomas ne croire que ce qu'il voie. Certes, tous les chasseurs n'agissent pas de cette façon, et de plus en plus la gratitude du plus grand nombre fait oublier les échecs et les critiques. Et pour nous, conducteurs, quelle satisfaction de retrouver un gibier et surtout pour notre chien.

Il faut que les chasseurs soient sensibilisés, pour qu'ils adoptent un autre comportement après le tir et fassent appel à un conducteur de chien de sang lorsqu'ils ont blessé une bête, au lieu de revenir au rendez-vous pour le repas ou pour ne pas rater l'enceinte suivante ou tout simplement par gêne, car CERTAINS NE RATENT JAMAIS ! Il faudrait aussi que plus de chasseurs sentent en eux la vocation pour la recherche, mais là c'est aussi difficile que de leur demander d'arrêter de chasser.

Il ne faut pas non plus oublier l'aspect financier qui découle d'une recherche réussie : la valeur de la venaison. Sur certains territoires où je suis invité comme conducteur, cela se chiffre par centaines de milliers de francs, et c'est lorsque l'on fait les comptes de fin de saison que l'on s'aperçoit de l'utilité d'avoir un conducteur et son chien sur place. Toutefois, il ne faut pas se laisser leurrer par cet aspect financier car ce n'est pas le but essentiel de la recherche, qui est, avant tout, d'abréger les souffrances de l'animal et d'être dévoué aux chasseurs, de garder les traditions, d'avoir la passion des chiens et la satisfaction personnelle d'apporter plus de crédibilité au monde de la chasse.

Michel Rocoux


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