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Scolopax Rusticola Ou encore La chasse de la bécasse...

Date : 25/09/2009

En période de gel intense, la bécasse recherche la proximité de l’eau  et tous les lieux humides habituellement peu fréquentés où le sol n’est pas soit durci soit pris par la glace. C’est ce qui s’est passé pour l’hiver 2008/2009.  Un arrêté préfectoral fut d’ailleurs pris pour interdire la chasse des oiseaux migrateurs ainsi que du gibier d’eau. Cette disposition existe aussi en Belgique, la décision incombant au ministre wallon de la chasse. Ce même comportement peut-être observé en période de grande sécheresse. Les conditions atmosphériques influent donc fortement sur le comportement de notre bel oiseau. Les forêts de hêtres et les taillis sous futaie de jeunes feuillus constituent le biotope préféré de la dame au long bec.

Son comportement est parfois stupéfiant… Elle possède un vol qui peut aller de la trajectoire du  « boulet de canon » à un vol paisible comme elle peut tout aussi bien « s’enrouler » en spirale autour d’un tronc ou encore « slalomer » autour des arbres pour échapper au coup de fusil. Elle peut aussi se laisser tomber pour faire croire que elle est atteinte et se sauver en piétant. J’ai vécu le cas ou mon ami, pensant que la belle était bien atteinte, avait « cassé » son fusil pour remplacer la cartouche tirée et… voir la belle se redresser au nez des chiens pour fuser, tel un projectile, et disparaître à notre vue !

Elle peut aussi retenir son odeur pour dérouter les chiens. Elle peut aussi ruser avec eux et avec le chasseur. Une « fantôme » nous a baladé durant des heures en passant d’un coteau à un autre dans une petite vallée. A un moment elle s’était même posée, les pattes dans le petit ruisseau, et les chiens sont passés au-dessus d’elle sans la voir ni la sentir… Nous l’avons aperçue et entendue lors de son envol « fla-fla-fla ». Notre réflexion fut : « elle a bien mérité de se sauver car elle s’est bien défendue et nous a fait suer, nous et les chiens».

   

Indices de présence : les miroirs (photos Martine FLEURY)

Une bécasse « fantôme » est une bécasse insaisissable que vous ne voyez jamais… Les chiens arrêtent plusieurs fois mais il n’y a pas d’envol d’oiseau… La tête des chiens, au lieu d’être immobile, bouge doucement et ils repartent, tournent en cercle autour du point de départ, arrêtent à nouveau et cela peut durer… La bécasse s’est esquivée… Certaines bécasses, à force d’avoir été titrées à plusieurs reprises, s’avèrent « incoinçables », elles ont pris de la « bouteille »…

Pour bien chasser ce bel oiseau, il faut avoir l’âme et l’éthique « bécassier », pas comme ces chasseurs qui la tuent « par hasard » en chassant devant eux ou en battue. La battue n’a pas l’approbation des vrais bécassiers (vous n’entendrez jamais parler de « gélinotiers » ni de « faisaniers » ni de « perdrixiers »…). Le « bécassier » chasse seul ou avec un ami, avec un ou deux chiens. Il voue une véritable passion pour cet oiseau au manteau de feuilles mortes, pour l’extraordinaire diversité de son vol, de ses ruses parfois (souvent) diaboliques pour échapper au(x) chien(s). Il faut aussi une (très) bonne condition physique et un (très) bon chien d’arrêt. Et apprendre, année après année, de plus en plus sur cette « maline ». La plume du peintre sera votre récompense et prendra nettement moins de place qu’un trophée de cerf ou de chevreuil…

Il y a de grandes bécasses claires (300 à 425g) généralement pas très sauvages, qui tiennent bien l’arrêt, au vol lourd et bruyant (bruit caractéristique « fla-fla-fla ») avec des pattes grises tirant sur le rose. Tardives en automne, passage au retour du printemps.

Une autre sorte est la petite bécasse brune (250 à 325g), plus légère (donc plus difficile à arrêter) et plus sauvage. Son envol est rapide et peu bruyant (comme un souffle « flout »). Ses pattes sont gris-brun mastic. Précoce en automne, passage au retour du printemps.

Fusils

     

Bernardelli calibre 12, série spéciale Hemingway. Fusil assez léger (2.5 kg) et qui a un sélecteur de détente en avant de la queue de détente. Skeet en premier coup et lisse amélioré en second. Il ne possède pas de canon (inférieur ou droit selon qu'il s'agit d'un superposé ou d'un juxtaposé) rayé comme le proposent certains fabricants sous l'appellation "fusil-bécassier". Cette rayure favorise l'ouverture de la gerbe de plomb à (très) courte distance; l'effet inverse des chokes en quelque sorte. (Photos Philippe MATERNE)

« Faire court pour aller loin » telle pourrait être la devise du bécassier ! Il faut que l’arme soit assez légère pour une montée (très) rapide à l’épaule. La mise à conformation doit être parfaite car on tire « au coup d’épaule » donc, il faut être « en ligne » quand la joue s’écrase sur la crosse.  L’arme doit jaillir au creux de l’épaule et la visée devenir instinctive !

Des canons d’une longueur de 65cm se révéleront parfaits avec un choix de choke « skeet » en 1er coup et « lisse amélioré » en second coup. Le couple « canon lisse » et « quart de choke » est également très utilisé. Le calibre douze est le plus fréquemment employé, certains y préférant un bon vieux « seize » (attention cependant à l’approvisionnement en munitions, ce calibre n’étant plus très en vogue), voire un « vingt » pour des tireurs plus sportifs.

« Juxtaposé » ou « superposé » n’est qu’une affaire de goût personnel. Le « juxtaposé » est plus une arme de bécassier « pur et dur », le « superposé » tombe mieux.

Se balader toute une journée dans des milieux parfois assez hostiles (ronciers, coupe de châtaigniers, étendue de genêts parsemés d’épines blanches,…) et souvent vallonnés et encaissés nécessite une arme légère et, les 500g  de différence entre 2 armes se feront ressentir en fin de journée.

Des cartouches adaptées

De gauche à droite : MARY ARM dispersante, disco cubique, #8.5 en 35g,  TUNET cartouches chargées avec deux numéros de plomb superposés #10 & #8 en 36g (Photo Philippe MATERNE)

Une arme n’est vraiment adaptée pour le tir de la bécasse que si elle utilise la bonne cartouche. Il faudra utiliser des « bourres grasses » et éviter les cartouches « à jupe » laquelle concentre les plombs.

La « maline » (autre nom de la bécasse) est un oiseau fragile qui bascule à la moindre atteinte. Le petit plomb est très utilisé en France et quelques plombs # 9 seront suffisants, à 35 mètres, pour faire choir une bécasse ! Des cartouches de 28g en calibre douze (# 9 en premier coup et du # 8 en second) seront parfaitement adaptées au tir de ce bel oiseau.

Les encartoucheurs (surtout les français) ont sorti toute une série de cartouches spéciales et il serait trop long de les énumérer ici en long et en large. Certains produisent des cartouches qui mélangent différents # de grains. Par exemple des grains  # 10 placés devant des grains # 8 + un disperseur ; ou encore un mélange de grains cubiques et discoïdes… 

Chiens d’arrêt

   

VAIKA des Rieux en Valdaine (photos Martine FLEURY)

   

THAÏ (Terry du Domaine du Grand Roc, dit THAI) chien de l’auteur en action de chasse (photos P. Materne)

Un auxiliaire indispensable, car sans lui le bécassier n’est rien !  Et il faut bien du talent à nos compagnons à 4 pattes pour arriver à arrêter la mordorée ! En effet, elle ne se laisse pas facilement gruger comme une vulgaire cocotte ou une caille d’élevage… L’oiseau mythique connaît parfaitement la musique et peut jouer, ruser (très) longtemps avec votre «  arrêteur ».

Là aussi le choix est affaire de goût. Il peut aller du chien d’arrêt continental au chien d’arrêt britannique, du braque allemand au setter irlandais en passant par le drahthaar, le braque de Weimar, l’épagneul français, les braque hongrois, le braque italien, les épagneuls allemands, l’épagneul breton, le braque français, l’épagneul picard, le bleu de Picardie-pont audemer, le Korthal, le pointer,  le setter anglais et le setter gordon. Ma préférence est, bien sûr, le Setter Gordon, que je vous présenterai dans un article ultérieur.

Bibliographie

  • La chasse de la bécasse
    Jean-Pierre Denuc    La bibliothèque du chasseur    Artémis Editions
  • La chasse de la bécasse – Le guide complet
    Jean-Pierre Denuc    La bibliothèque du chasseur    Editions Proxima
  • La bécasse et ses chasses
    Jean-Pierre Denuc    Côté Chasse            Artémis Editions
  • Bécasse
    André Le Gall                        Editions du Sud Ouest
  • Le guide du bécassier       
    Eric Joly        Plein Air – Chasse        Editions Proxima

Quelques sites consacrés à la chasse de la bécasse :

Philippe Materne


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