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Revoir les règles de l’examen de chasse …

Date : 03/03/2008

Depuis quelques années, à l'instar d'autres pays européens, en Wallonie le nombre de chasseurs est en stagnation, sinon en régression.  A titre indicatif, en France, le nombre de titulaires de permis est passé de 2.165.472 en 1977/1978 à 1.360.984 en 2005/2006, soit une baisse de 37%. Le nombre de jeunes ou nouveaux chasseurs ne compense pas les " départs naturels ". Quelles peuvent bien en être les causes ? Y a-t-il des solutions, notamment quant à l'examen du permis de chasse ? Voici notre réflexion quant à une modification des règles de l'examen de chasse, qui datent de 1977, tenant compte que la Wallonie doit maintenir un niveau minimal de compétences par rapport aux partenaires du Benelux.

Le taux élevé d'échec à l'examen de chasse ?

L'examen de chasse, instauré en 1977, ne doit pas être considéré comme une brimade ou une contrainte, mais bien comme un moyen de vérifier si la formation et l'expérience sont suffisantes pour pouvoir chasser dans le respect des règles élémentaires, dont la sécurité est l'une des composantes les plus essentielles, même si chacun devrait avoir à cœur de se perfectionner tout au long de sa "carrière" de chasseur. Ce n'est qu'en étant bien préparé que l'on peut aborder un examen avec confiance et un maximum de chances de succès. Or, beaucoup n'en semblent pas conscients, à moins qu'ils ne consentent pas l'investissement personnel nécessaire. Etant donné que l'inscription à l'examen de chasse sous-entend une motivation de départ, on doit être interpellé par le faible taux de réussite.

En 2007, peut-être sous l'influence de la nouvelle loi sur les armes, le nombre de candidats inscrits à l'examen de chasse a atteint un chiffre record : 1.311 ! Or, sur les 1.111 candidats qui se sont présentés à l'examen, seulement 441 ont réussi.  C'est le taux de réussite le plus bas des trois dernières années : 39,70 %, contre 42,10 en 2006 et 39,90 en 2005, soit une moyenne se situant aux environs de 40% à peine.
C'est peu, fort peu, même à l'échelle de la Région wallonne ! Pourtant, alors qu'auparavant, pour réussir l'épreuve théorique, le candidat devait obtenir au moins la moitié des points dans chaque branche et 60 % au total, ce pourcentage minimum a été abaissé à 60% des points pour l'ensemble des trois branches (04.2004), puis à 50% (03.2005). A combien se monterait donc le taux d'échec sans ces adaptations ?

A titre de comparaison, dans la partie francophone de la Belgique l'enseignement secondaire comptabilise 25% d'échec scolaire par an, non compris les élèves ayant dû présenter une seconde session pour réussir. Quant à l'enseignement supérieur, la première année d'études se caractérise par son taux d'échec extrêmement élevé (plus de 50%). Aujourd'hui, près de 6 étudiants sur 10 échouent lors de leur première année, soit comme pour l'examen de chasse ! Ce constat inquiétant se répète d'année en année, depuis longtemps, sans que rien ne puisse troubler ces sombres statistiques. Sur un plan moins scolaire, selon le GOCA (Groupement des entreprises agréées de contrôle automobile et du permis de conduire asbl), le taux d'échec aux examens du permis de conduire B a été de 53% environ en 2007, tous chiffres confondus.

Pour la petite histoire, alors que c'est gratuit en Wallonie, où il est toutefois prévu que la participation à l'examen de chasse pourrait être subordonnée au paiement d'un droit d'inscription dont le montant et les modalités de paiement seraient fixés par le Gouvernement, en Flandre, les candidats souhaitant passer l'examen de chasse doivent acquitter un droit d'inscription de 35 euros pour la partie théorique ; 160 euros pour la partie pratique.
Pour réussir la partie théorique, le candidat doit toujours obtenir au moins 50% dans chaque branche et 60% au total. Cette même règle vaut pour l'examen pratique, en notant qu'un candidat qui ne le réussit pas peut participer à un repêchage dans la même année. Dans ce cas, il est à nouveau redevable du droit d'inscription

Propositions de solutions

La lutte contre l'échec, qui fait l'objet de nombreuses études depuis une trentaine d'années dans l'enseignement en Communauté Française, sans livrer de résultat probant, est une problématique qu'on serait tenté de laisser à plus compétent que soi, sous prétexte qu'elle semble inextricable. En effet, toute question est complexe, toute réponse partielle, et toute mesure… pose question.

En ce qu'il semble bien s'agir d'un problème sociétal, il nous paraît opportun, sinon essentiel, de concourir à tenter de dégager des solutions novatrices pour diminuer le taux d'échec à l'examen de chasse. C'est dans cet état d'esprit que " Le Solitaire Ardennais " souhaite apporter son soutien à la réflexion, à l'évaluation et aux orientations futures envisageables concernant l'examen de chasse.

A l'instar du permis de conduire, les candidats ont le choix entre plusieurs formules : le suivi de cours payants de préparation à l'examen, la " filière libre " et gratuite, une formule mixte ou à la carte, par exemple la participation aux seules séances de révision, également payantes.

Ceux qui optent pour la première formule, ce qui doit être encouragé sinon recommandé, ont le choix entre trois associations sérieuses et engageant leur crédibilité (Amicale des Chasseurs de la Région Wallonne, Institut Wallon d'Education Cynégétique et Royal Saint Hubert Club de Belgique) dispensant des cours de préparation à l'examen de chasse, tant théorique que pratique.  C'est très bien ainsi, même si les résultats finaux ne seraient pas homogènes et font régulièrement l'objet de controverses. Notre propos n'est pas de prendre parti en cette matière en désignant un " maître-achat ", d'autant qu'une telle diversité entre organisateurs de cours, et même entre chargés de cours, ne devrait être considérée autrement que comme une richesse, voire une saine émulation, un gage de qualité.

Le libre choix laissé aux candidats est la garantie qu'une large initiative pédagogique est de mise et que l'enseignement dispensé demeure une histoire de personnes davantage qu'un programme de traitement de l'information…

Apparemment, ce n'est pas suffisant. Où cela peut-il donc bien coincer ?  Parmi les candidats il y en a de plus motivés les uns que les autres, comme il en existe qui sont moins familiarisés avec les études, voire pour qui celles-ci sont un souvenir, plus ou moins lointain, pas nécessairement agréable. Tous ne sont donc pas égaux face à la complexité de la tâche. Si le support de cours constitue l'aide la plus visible destinée à mener l'étudiant vers la réussite, l'inégalité face à la prise de notes de qualité ne peut être ignorée. Pourtant, tout au long de l'apprentissage de matières souvent totalement inconnues, cela constitue un soutien essentiel quant à l'assimilation de chacune d'entre elles. Cela nous paraît de nature à pouvoir expliquer une partie des échecs, tout en nous amenant à nous poser la question : " Les moins rompus aux études en général, à leurs techniques en particulier, feraient-ils pour autant de piètres chasseurs ? ". Nous ne le pensons pas, encore serions-nous d'un avis contraire que rien ne nous permettrait de le présumer, encore moins de le démontrer.

Sans aucune visée populiste ou opportuniste, force est de constater que lesdites formations ne sont pas nécessairement à la portée de toutes les bourses. Que l'on y ajoute d'éventuels frais d'inscription aux examens à l'instar de la Flandre, et l'examen deviendrait d'un coût inabordable pour nombre de candidats chasseurs, particulièrement les jeunes qui démarrent dans la vie.  Par ailleurs, outre un minimum de 80 heures de formation, dont le futur commettant n'est pas obligé de prendre le coût en charge, pour pouvoir être agréés, les futurs candidats garde champêtre particulier devront également avoir réussi l'examen de chasse.

Dès lors, nonobstant le fait que le choix de la filière libre ou d'une formation de moindre qualité n'est pas un gage de réussite et a souvent démontré ses limites, quel obstacle subsisterait quant à la création et la diffusion d'un réservoir de questions et de photos, régulièrement actualisé, servant obligatoirement de base à l'examen ?

Certains excipent que sa crédibilité en serait altérée et compromise. Nous ne le pensons pas ! En effet, pour la préserver, pourquoi n'envisagerait-on pas l'introduction de nouvelles matières, par exemple : rôle et impact de la chasse par rapport à l'environnement : dégâts de gibier et mesures nécessaires pour tenter de les prévenir, influence des lâchers de gibier, problématique des nourrissages : code de bonne pratique, règles relatives à la circulation en forêt et à son usage en général, loi sur les armes, problématique santé et hygiène …  Bref, pourquoi ne sortirait-on pas du schéma d'un acquis minimal, en élargissant la plateforme de compétence des candidats ? Il nous semble que cette approche aurait en outre l'avantage de rassurer et, qui sait, convaincre ceux qui organisent des cours.

Pour s'assurer de garantir le maintien d'un niveau suffisant de compétence des lauréats, et donc de crédibilité du permis, on pourrait aussi opter pour un retour aux 50% minimum dans chaque branche et 60% au total de chacune des deux épreuves.  Dans cette même optique, pour ce qui est de l'épreuve théorique, il faudrait maintenir au moins les 80 questions. Pour information, l'examen flamand n'en compte que 60.

Toutefois, un autre problème, extrêmement important et cause de ravages, nous semble résider dans le fait qu'une mauvaise réponse est automatiquement sanctionnée par une cote négative : le sinistre - 1, qui en désarçonne et pénalise plus d'un parmi ceux qui ne sont pas familiarisés avec ce système.  En effet, dans leur souci de bien faire et de ne pas laisser de cases vides, nombreux sont ceux qui veulent répondre à un maximum de questions, malgré les mises en garde répétées, perdant de vue que, sur une série de 10, sept bonnes réponses et trois mauvaises équivalent à un total de quatre points, soit à un échec !
Est-ce normal ?  Nous ne le pensons pas et sommes partisans de la suppression de ce système dévastateur.

Certains, peut-être plus élitistes, opposés à la réforme d'un examen en tenant compte de ces paramètres, alors que les bases ayant cours actuellement ont été fixées en 1977 lorsqu'il a été rendu obligatoire, soit il y a 30 ans révolus, arguent qu'un trop fort taux de réussite dévaloriserait l'examen de chasse, le décrédibiliserait, voire entraînerait un nivellement par le bas, outre que le réservoir de question détournerait les candidats des formations (payantes) organisées à leur attention, vu qu'ils pourraient se contenter d'étudier les questions et leur réponse.

Vous l'aurez compris, nous n'adhérons pas à la thèse pessimiste et alarmiste de certains, et pas seulement parce que nous n'organisons pas lesdites formations, même si nous soutenons la majorité d'entre elles, et encouragerons toujours les candidats a y participer, persuadés qu'elles constituent un plus indiscutable et une étape souhaitable, sinon incontournable, pour les futurs chasseurs soucieux de se former aux diverses facettes et enjeux de la chasse !

N'oublions pas que désormais, la preuve de la réussite de l'examen de chasse complet, conformément à la législation en vigueur aux Pays-Bas, au grand-duché de Luxembourg, en France ou en Allemagne, ou la possession d'un permis en cours de validité délivré par un de ces Etats, obtenu sur production d'un certificat de réussite ou par dispense de l'examen de chasse, est équivalente au certificat délivré à l'issue de l'examen de chasse wallon ou flamand.  De plus, l'Europe est encore loin d'avoir uniformisé l'octroi des permis de chasse dans les différents pays membres, et certains petits futés pensent déjà à aller s'en faire délivrer un à l'étranger, puis, sur base de celui-ci, d'en obtenir un en Belgique.

En ce qu'elle est insuffisamment assurée, sinon pas du tout, nous consacrerons prochainement un article à la promotion de la chasse.

Le Solitaire Ardennais


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