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Recherche du gibier blessé : races de chiens pour la recherche au sang

Date : 09/02/2009

En préambule, on peut prétendre que tous les chiens, racés ou bâtards, peuvent être éduqués pour la recherche au sang. De fait, il y a toujours l'exception qui confirme la règle. En effet, qui, dans sa vie de chasseur, n'a jamais vu un chien, même de race indéfinie, retrouver un gibier et aboyer à mort auprès de sa dépouille.

Peut-on pourtant qualifier un tel chien de "  chien de sang" ?

Personnellement, je répondrai par la négative car, à mon sens, pour mériter ce titre, il devrait être capable de suivre une trace de gibier blessé, au minimum 4 heures, voire 40 heures même après le tir, de poursuivre le gibier, le retrouver et le tenir au ferme s'il n'est pas déjà mort. Un chien ne naît pas " chien de sang ", mais les qualités naturelles innées des races de courants ou limiers facilitent pour le conducteur, l'éducation de l'animal ; éducation très stricte au demeurant. Les qualités demandées sont : calme, persévérance, jugement, équilibre et, last but not least, instinct de pister le nez au sol. Enfin, cerise sur le gâteau : être criant sur la voie  (ce qui n'est pas toujours le cas). Voilà, en résumé, ce que l'on exigera du chien …

Mais il faut savoir que le chien seul ne suffit pas ; en effet, comme nous l'avons vu dans l'article précédent, son conducteur, lui aussi, doit satisfaire à de nombreuses conditions et, ensemble, ils formeront une équipe - l'un n'étant rien sans l'autre.  L'éducation du chien et tout ce qui touche à la recherche du gibier blessé feront l'objet d'un article ultérieur. Vous constaterez que certaines des races dont je vous parlerai ci-après sont peu connues. Cependant, ce sont des races possédant les qualités innées nécessaires pour la recherche, comme les limiers de vénerie dont la tâche était le rembucher du gibier avant le laisser- courre. L'évolution de la chasse en a fait, croisés avec des chiens courants, des chiens de sang ou chiens de rouge. Les plus connus dans nos régions sont certainement le Rouge de Hanovre et le Rouge de Bavière.

LE ROUGE DE HANOVRE (Hannoverische Schweißhund) :

Source : http://www.hannoversche-schweisshunde.de/

Chien de grande taille, lourd et très calme.
Ses ancêtres sont l'ancien limier et le chien courant rouge dit " HAIDBRACKE ".
La race fut créée en 1894 par le club du " Verein Hirsschmann "
Sa taille varie de 50 à 55 cm. pour les mâles et de 48 à 53 cm. pour les femelles.
Il est très robuste et taillé comme un athlète, avec une encolure longue et robuste.
Doté d'un odorat puissant, il est d'une ténacité remarquable, pour ne pas dire " têtu sur la voie ".
Sa robe est couleur rouge cerf ou bringée avec ou sans marque.
La sélection de la race est très rigoureuse aussi, n'est-il pas facile d'obtenir un chiot

LE ROUGE DE BAVIERE (bayrische-gebirgsschweisshund): 

Source : http://www.bayrische-gebirgsschweisshunde.de/

C'est le deuxième chien de rouge élevé pour la recherche au sang ; son éducation est la même que celle du Rouge de Hanovre mais, cette race a été créée pour la chasse en montagne.
Chien très agile de taille moyenne, le mâle ne dépassant pas les 50 cm. au garrot pour 45 cm. à la femelle.
Son corps paraît allongé et légèrement surélevé à l'arrière ; sa robe varie du rouge prononcé au jaune ocre.
Pour cette race également, il est malaisé de se procurer des chiots identifiés, de race pure et issus d'un bon élevage.

LE DACHSBRACKE : 

Remarque : le terme " Bracke " en allemand ne désigne que des chiens courants, des brachets, tandis que les mots français " Braque ", ou "  Bracco " en italien, désignent, eux, des  chiens d'arrêt, d'où de nombreuses confusions.

Les Allemands distinguent deux variétés de Dachsbracke :
Le Dachsbracke multicolore de Westphalie et le Dachsbracke roux des pays Alpins et des Monts Métallifères.

  
Source : http://www.deutscher-bracken-club.de  et  http://www.dachsbracke.de/

Le Dachsbracke roux, très résistant aux intempéries, est sélectionné selon ses performances et jouit d'une grande popularité parmi les chasseurs montagnards en tant que petit chien de rouge.
Il est très vif et bien musclé ; sa taille au garrot varie de 34 cm. à 42 cm. , l'idéal étant de 37 à 38 cm. pour les mâles et de 36 à 37 cm. pour les femelles.
Endurance et volonté sur la voie sont ses qualités premières.
C'est une race très ancienne, dont est issu notre Teckel actuel (elle en est la forme primitive).
Le club ayant été créé assez récemment - en1961 - les chiots sont difficiles à obtenir.

LE BRANDLBRACKE OU CHIEN COURANT D'AUTRICHE: 

Source :  http://www2.salzburg-online.at/brandlbracke/
C'est le plus connu  des chiens courants dans les pays germanophones.
Son excellent travail sur la trace en fait le rechercheur idéal sur terrains raides et escarpés ;  il est grand de taille - 46 à 58 cm au garrot ; il est  habillé soit d'une robe noire avec des petits feux ou d'une robe marron roux ou roux piqueté de marques blanches aux pattes et d'une étoile à la poitrine

LE CHIEN COURANT DE STYRIE (Steirisch Rauhhaarbracke) :

Source : http://www2.salzburg-online.at/brandlbracke/
Chien peu répandu jusqu'à présent, il appartient à l'une des trois races de courants autrichiens de grand format qui mériteraient une plus grande attention de la part des conducteurs.
L'élevage de ce chien de recherche dont la robe varie du roux au jaune blafard, repose sur des épreuves sévères d'attestation de performance, liées à ses aptitudes naturelles. La base fut obtenue en 1880 à partir d'un croisement de femelle Rouge de Hanovre et d'un chien courant de Styrie.

L'auteur, l'Autrichien Karl Peintinger donna son nom à cette race qu'on cite sous la dénomination de " CHIEN COURANT DE PEINTINGER ".
La taille au garrot est de 58 cm. bien que l'on préconise 52 cm.
Sa silhouette et ses caractéristiques sont analogues à celles du Rouge de Bavière ; le poil est dur, rude et plat ; la couleur peut aller du rouge au jaune blafard ou  jaune terre.
Certains spécimens ont le poil lisse et peuvent facilement être confondus avec un Rouge de Bavière ou un courant du Tyrol.
Les chiots sont rarement cédés.

LE CHIEN COURANT DU TYROL (Tirolerbracke) :

Source : http://www.klub-tirolerbracke.at/
Ce chien courant est exclusivement autrichien ; c'est le spécialiste de la recherche sur les terrains escarpés de la haute montagne ; ses remarquables performances lui ont valu de mériter l'appellation de Schweißhund (Chien de recherche au sang) ; des aptitudes naturelles telle la volonté et la sûreté sur la voie sont profondément enracinées dans le sang ; chien de taille moyenne, léger et agile mais puissant au poil rêche, dense, court, non lissé avec un sous-poil dense.
La robe peut être rouge rayée avec taches blanches, robe noire et fauve clair avec tache blanche sur la poitrine ou encore robe fauve avec tache blanche sur la poitrine
Seuls, les organismes de chasse et les chasseurs en activité peuvent en principe se procurer des chiots.

Il existe encore bien d'autres races pouvant convenir pour la recherche comme, par exemple, les grands Courants Allemands, les Courants Suisses, les Bassets Hound, etc. mais je ne saurais les décrire toutes en un article.

Cependant, je ne peux et ne veux pas oublier notre TECKEL, animal extraordinaire tant pour sa compagnie que par ses qualités de chasseur sur ou sous terre. Chez les conducteurs de chien de sang, la variété la plus répandue est celle à poil dur, bien que les " poils ras " ou les " poils longs " soient capables des mêmes performances. Ils ont une très grande finesse de nez et un mordant à toute épreuve. Ils se rangent en trois catégories selon leur taille. Il est regrettable que les Teckels, tout comme les Labradors, soient devenus tellement à la mode, car la pureté de la race a presque disparu, sauf chez quelques éleveurs s'étant attachés à leur conserver leurs qualités de chasseur.

LES CHIENS FORCEURS.

Bien qu'ils n'appartiennent à aucune race particulière, je ne peux m'empêcher de consacrer, aussi, quelques lignes aux CHIENS FORCEURS.  Mais, de quoi s'agit-il, en fait ?  C'est le chien que l'on envoie au " casse-pipe " ; je m'explique : lorsque le chien de sang a relevé le gibier blessé, son conducteur donne l'ordre au chien forceur qui le suit, de poursuivre et enfin tenir au ferme ou achever, à ses risques et périls, la bête pistée.

Pour ce travail, n'importe quel chien fera l'affaire, à la condition, sine qua non, d'avoir, bien sûr, beaucoup de mordant, mais surtout, une écoute parfaite.  J'ai eu le plaisir un jour d'accompagner un conducteur allemand opérant avec un Rouge de Hanovre, comme chien de sang et un Drahtaar comme chien forceur.

Au lieu de rendez-vous fixé, j'ai constaté de suite le parfait dressage à l'écoute du chien forceur : il était assis, immobile, tandis que le Rouge circulait en toute liberté. Après les recommandations d'usage, je suivis le conducteur accompagné de son fils armé ; le Drahtaar suivait le garçon à une dizaine de mètres, sans même être attaché ; de là ma première réflexion en moi-même : " Lorsqu'il va sentir un gibier, ce chien va démarrer aussitôt ! "

Nous avons parcouru plus de 1500m ainsi et si l'on s'arrêtait, le " forceur " se couchait. Je connaissais le territoire, que je savais dense en chevreuils et fréquenté par quelques sangliers. Avant de pénétrer dans le fourré vers lequel nous menait le Rouge, le conducteur me fit comprendre de ne tirer en aucun cas mais, simplement, de suivre l'équipe en balisant la piste.

Le fourré traversé sur toute sa longueur (plus ou moins 1 km), nous débouchons sur une parcelle de chênes et de petits sapins très denses ; le conducteur s'arrêtant brusquement et disant en allemand " sanglier " ; le fils me fit signe de me mettre sur le côté et aussitôt, le conducteur, qui voyait le sanglier couché, donna l'ordre au Drahtaar d'attaquer, ce qu'il fit immédiatement.

Revenant en arrière, le sanglier me passa à un mètre ; avec un calme olympien, le garçon me dit d'attendre ; nous n'entendions plus que les abois du forceur et puis, bientôt, un " ferme " ; le fils armé se précipita et, peu après, claquèrent quatre coups de feu. Avec le conducteur, nous suivîmes alors un chemin qui nous amena à l'endroit du " ferme " où le garçon vidait déjà le sanglier. J'ai été sidéré de voir un chien écouter de la sorte et, aussi, émerveillé de voir travailler cette équipe de quatre ; sachant qu'il n'est pas facile d'arriver à un tel résultat, car l'entente entre les deux hommes et les deux chiens doit être parfaite et sans faille.

Pour terminer, un mot sur le Jagd Terrier dont certains affirment pouvoir faire un chien de recherche. Personnellement, j'en doute, car, pour maîtriser la recherche au sang, il faut tout d'abord du calme ; or, les Jagd Terriers sont naturellement des boules de nerfs qui, je crois, feraient plutôt des chiens forceurs idéaux, encore qu'il existe toujours des exceptions.

Michel Rocoux


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