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Le mot du Président

Date : 30/10/2009

Dernièrement, toutes les associations de chasseurs et de gardes particuliers, ont signé un courrier envoyé aux ministres fédéraux de l’Intérieur : A. Turtelboom et de la Justice S. De Clerck, en dénonçant l’arrêté royal du 14 avril 2009 modifiant celui du 24 avril 1997 déterminant les conditions de sécurité lors du stockage, de la détention et de la collection d'armes à feu ou de munitions, entré en vigueur dès le 25 avril 2009. Cet arrêté fixe notamment les conditions de détention et de transport des armes à feu.

En tant que chasseurs, nous sommes parmi les personnes les plus concernées par cet arrêté. Aussi, demandons-nous instamment de revoir cet arrêté pour la sécurité tant physique de tous les citoyens que juridique que tout Etat de droit doit également à ses citoyens, en ce compris les chasseurs et les gardes-chasse.

Le but des dispositions relatives au transport des armes contenues dans l'arrêté royal du 24 avril 1997 est d'assurer une plus grande sécurité dans le cadre du transport, de la détention et de l'utilisation légale des armes. À l'expérience, ces dispositions sont impraticables sur le terrain, surabondantes par rapport aux normes habituelles de sécurité et inutiles pour atteindre le but poursuivi.

Cette règlementation est contreproductive : à force d'être inapplicable, elle ne sera pas appliquée. Mais il suffira soit d'un contrôle policier de routine, soit du zèle d'un policier pour qu'un honnête chasseur ou garde risque de se retrouver devant le tribunal correctionnel avec les conséquences dramatiques que cela pourra avoir, en cas de condamnation, tant sur son droit à chasser ou à exercer une profession que sur son droit à détenir des armes.

Nous attendons donc avec impatience une réaction positive à ce problème récurent, et espérons être associés aux discussions avec les autorités. Mais cette loi sur les armes n’est pas la seule à pourrir la vie des chasseurs !

En effet, si tous les chasseurs doivent avoir et ont pleinement conscience des risques sanitaires encourus lors de consommation de gibiers, de leur responsabilité en la matière si les règles sanitaires ne sont pas appliquées, et plus particulièrement des risques liés aux éventuelles contaminations des sangliers par la trichine, les nouvelles dispositions imposées par l’AFSCA concernant la cession/vente du gibier sauvage, ont abouti à instaurer un monopole de fait au bénéfice des grossistes en gibier (ateliers agréés).

Ainsi, en Belgique, il est dorénavant pratiquement devenu interdit de revendre soi-même son gibier, entier, sauf, sans nul examen, ni analyse d’aucune sorte, aux chasseurs ayant participé à la partie de chasse ; pour la cession à un particulier, il est impératif que le gibier ait été examiné par une personne formée (PF) ayant signé son formulaire (dont le modèle n’est prévu ni ne figure dans aucun texte de loi !) en case 4 : bon pour la vente/cession. En plus, s’il s’agit d’un sanglier, il ne peut être cédé au particulier qu’après une analyse visant à établir qu’il est exempt de trichines. Jusque là, nous pouvons adhérer, car ces précautions sont de nature à valoriser notre gibier sauvage, et à prouver que les chasseurs sont des gens responsables et ne sont pas des empoisonneurs en puissance !

Par contre, notre position est diamétralement opposée lorsque, contrairement à ce que permet le règlement européen, on nous interdit de céder/vendre notre gibier, en petite quantité, directement à un commerce de détail approvisionnant le consommateur final : restaurant, traiteur, boucher, et même les Restaurants du Cœur (rappelez-vous de notre tentative de leur offrir des sangliers la saison dernière) ! Cette possibilité, ou faut-il écrire ce privilège exclusif, est désormais réservée aux seuls ateliers agréés, où le gibier doit subir un contrôle vétérinaire … par un membre de l’AFSCA, certificat d’une PF ou pas (On peut d’ailleurs se demander quelle est la valeur leur reconnue par ceux-là même qui ont imposé et organisé leur formation), ainsi que, pour les sangliers, une analyse de recherche des trichines ! Ces examen et analyse sont à charge du négociant.

Dès lors, si le chasseur n’a pas l’un des débouchés « libres » précités, les grossistes en gibier deviennent totalement incontournables, et c’est là que le bât blesse ! En effet, se sachant en position dominante et forts du privilège leur accordé, après une concertation manifeste au sein du secteur, ils dictent leurs prix (à la baisse, bien sûr), à prendre ou à laisser, refusant les bêtes qui ne leur conviennent pas : trop gros, trop petit, mal tiré, … , certains enlevant même tête et pattes avant pesage, pour payer encore un peu moins !

Pourtant, à l’étal des détaillants, les prix ne diminuent pas, bien au contraire… Cherchez l’erreur ! De plus, en fin d’année, époque où la demande est pourtant à son apogée, vu l’importation massive de gibier (souvent d’élevage et venant parfois de très loin au-delà des océans) à moindre, sinon bas, prix, pour une valeur gustative et gastronomique bien moindre que celle de notre gibier wallon, et sans que le consommateur final ne sache exactement ce qu’il achète (gibier sauvage ou d’élevage, sexe, âge, provenance, viande congelée ou non, date d’abattage, … , voir à ce sujet : http://www.test-achats.be/viande-poisson-et-oeufs/la-saison-du-gibier-est-revenue-s615673.htm), certains refusent carrément d’acheter le gibier leur proposé. Que dire des chevreuils et sangliers tirés en dehors de la période des battues ?

Prévu par la loi sur la chasse depuis 1994, toujours aucun label d’origine ne protège ni ne valorise le grand gibier sauvage wallon. Pourquoi ?

Au final, notre gibier sauvage, pourtant plus sain que certaines denrées que les professionnels nous proposent, devient invendable et l’on peut craindre que « les filières parallèles », chères aux braconniers, et qui échappent à tout contrôle, ne deviennent florissantes. En cela aussi, comme pour les armes, en dépit des efforts consentis : formation de PF, respect des règles sanitaires, achat d’un coûteux équipement frigorifique, beaucoup de chasseurs n’ont d’autre choix que, sinon sont contraints, de ne pas respecter la loi, à la lettre en tout cas. Un comble, non ?

Mais ou va-t-on ? En Belgique, on s’est ingénié à être plus restrictif que la directive européenne. En France, grand pays européen s’il en est, le bon sens ayant été invité au débat, non seulement le garde chasse, voire même un traqueur habitué à éviscérer le grand gibier, peuvent suivre la formation de PF, mais il est encore permis au chasseur, après tous les contrôles d’hygiène et information de l’acheteur nécessaires, de vendre lui-même son gibier aux restaurateurs, bouchers, traiteurs, et à des privés.

Alors je souhaiterais, que toutes les associations signataires du courrier sur les armes, s’associent également pour :

  • Réclamer un assouplissement des règles imposées (soit dit en passant, les concepteurs de ces règles ont été plus restrictifs que la Directive européenne) sur base du modèle français, afin que nous puissions de nouveau écouler nous-mêmes notre gibier, sans nous placer sous le joug des grossistes et ainsi mettre fin au monopole des professionnels du secteur, sans que le consommateur final n’y trouve son compte.
  • Réclamer que le grand gibier wallon bénéficie du fameux label, au même titre que d’autres productions locales, et exiger que la provenance du gibier vendu dans les magasins soit clairement mentionnée sur les emballages, ainsi que tout renseignement permettant d’en assurer la traçabilité, afin d’informer le consommateur et assurer son droit d’être informé de ce qu’il achète, parfois beaucoup trop cher...

Je crois que cette action est vraiment nécessaire, sinon indispensable, car j’ai pu constater par moi-même, que beaucoup de gestionnaires de chasse, ne respectaient pas les règles staliniennes établies, y étant contraints par le système, s’ils ne voulaient pas que leur gibier finisse à la poubelle, alors que, je le répète, il est de bien meilleure qualité que beaucoup d’autres, importés d’on ne sait où, à grand renfort de CO2, vendus au prix fort, dans la grande distribution notamment, parfois en faisant avaler des couleuvres aux consommateurs citadins.

Comme, jusqu’à un passé très récent en matière de législation sur les armes, va-t-on, pour réagir, attendre que des contrôles punissent ceux qui seront pris en flagrant délit de bon sens ?

Eddy Pirard - Président


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