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Entretien d'un couteau de chasse : ce qu'il faut faire et ne pas faire...

Date : 26/01/2011

Vous avez acheté un couteau de chasse et vous le contemplez, vous êtes content, sa forme est celle qui convient, l’acier de la lame a été choisi parmi les meilleurs et son tranchant est remarquable. Bref, vous connaissez un instant de bonheur, lorsque soudain, vous réalisez que ce couteau est tellement beau que vous n’allez jamais  oser vous en servir. Pour ne pas l’abîmer, pour ne pas émousser son tranchant. Comme ce serait dommage! Ces quelques conseils sont destinés à vous redonner la joie et l’envie d’utiliser de la meilleure façon les très beaux couteaux que l’on peut aujourd’hui trouver sur le marché.

LE GRAND PRINCIPE GENERAL

Il est extrêmement simple et tout le monde le connaît, mais peu d’entre nous le mettent en pratique. Il consiste tout simplement à ne rien faire qui puisse nuire au couteau. Avant de penser à faire du bien, commencer par s’abstenir à mal faire.

CE QU’IL NE FAUT JAMAIS FAIRE

Ce principe étant valable pour beaucoup d’outils, sinon tous, sauf si le fabricant donne d’autres informations quant à l’utilité ou l’utilisation possible de ses couteaux (ce qui est souvent le cas pour un couteau de campement), on ne se servira jamais d’un couteau comme hache, levier de force, tournevis, ouvre-boîte, burin. L’utilisation en tant que levier peut être prise en compte pour autant que l’épaisseur de la lame le permette, car toute utilisation conduisant à tordre la lame sera évitée. On s’abstiendra également d’employer un couteau pour casser des os, couper du papier ou du métal, même peu épais. Toutes ces utilisations hérétiques entraîneraient d’ailleurs la perte de la garantie à vie qui accompagne la plupart des meilleurs couteaux actuels.

CE QU’IL FAUT TOUJOURS FAIRE

Les deux points qui permettent de conserver un bon couteau très longtemps sont faciles à mettre en pratique.
Le premier : après chaque utilisation on nettoiera et on essuiera immédiatement la lame. Ne jamais remettre une lame sale dans un fourreau s’il s’agit d’un couteau à lame fixe, et ne jamais replier une lame sale s’il s’agit d’un couteau pliant, et de plus c’est la première cause de piqure sur les lames (même celles en acier inoxydable).

En outre, on veillera dans ce dernier cas, à maintenir le logement de la lame propre et on pourra aussi mettre de temps en temps, une goutte d’huile sur l’axe de la lame.
Ce nettoyage immédiat de la lame doit être effectué même pour des lames inoxydables.
Le second : plus important encore, est de toujours maintenir le tranchant la plus coupant possible. En effet, un couteau qui coupe est beaucoup moins dangereux qu’un autre qui ne coupe pas. Une lame qui coupe va là où son propriétaire veut qu’elle aille sans à coup et sans effort, tandis qu’il faut appuyer ou pousser une lame qui coupe mal et qui, par conséquent, risquera toujours de déraper au mauvais moment avec une force suffisante pour blesser l’utilisateur ou un de ses voisins. C’est particulièrement vrai et à mettre toujours en pratique, surtout pour les couteaux de découpe et de dépeçage. Concernant les couteaux de campement, l’angle d’aiguisage étant plus obtus (de par leur fonction), le tranchant « rasoir » n’est pas tout à fait d’utilité.

Pour que le tranchant soit le plus aigu possible, il suffit de raviver le fil du couteau après chaque usage. Cette méthode est en effet de beaucoup préférable à celle qui consiste à attendre que le couteau ne coupe plus du tout pour agir. En outre, dans ce dernier cas, la remise en état du fil a pour conséquence une usure plus rapide du couteau. Etant donné le prix d’un bon couteau, on aura donc intérêt à l’aiguiser peu et souvent plutôt que beaucoup et rarement.
Autre avantage, maintenir le fil tranchant comme un rasoir est beaucoup plus facile et ne demande ni de matériel ni les compétences nécessaires pour refaire en entier les deux minces biseaux dont la réunion détermine le fil.

Pour aiguiser, les pierres à eau ou à huile sont excellentes et parmi celles-ci on citera la pierre de coticule que l’on trouve dans la région de Vielsalm ou les pierres de l’Arkansas. Ces pierres peuvent êtres livrées dans un coffret en bois qui maintiennent leur position stable pendant leur utilisation et les protègent ensuite contre les chocs et les poussières. Il faut nettoyer la pierre tout de suite après usage. Assez chères à l’achat, ces pierres constituent un bon investissement car elles s’usent très lentement.
D’autre part, tout aiguiseur amateur sait bien que les amis, chasseurs ou non d’ailleurs, sont toujours contents si on accepte de s’occuper de leurs lames souvent, hélas, plus ou moins négligées. Faites-le bien, et vous verrez qu’ils ne seront pas ingrats dans la majorité des cas.

Aiguiser un couteau est certes un art simple, mais les débuts, surtout avec la pierre, sont souvent source de démoralisation lorsque l’on raye la belle lame polie, en effet, sans l’habitude, ou l’habilteté nécessaire, on ne sait garder un angle constant tout au long de l’opération, on tremble, parfois même on se coupe.
Attention que l’aiguisage à la pierre nécessite un entrainement pour pouvoir garder l’angle d’affutage tout au long du tranchant.  Ceci est d’autant plus difficile que le couteau a des formes courbes, car il faut suivre cette courbure sans changer l’angle d’affutage.
Mais souvenons-nous qu’un travail ingrat vient à bout de tout et persévérons.

Pour commencer, il faut s’entraîner et choisir un vieux couteau en très mauvais état, dont on va s’efforcer d’éliminer les défauts auxquels il est sujet. Très souvent, il suffit d’une demi-douzaine d’essais de cette sorte pour acquérir une maîtrise suffisante. Ils ne seront pratiquement pas rayés si l’on fait attention.

Pour ceux qui veulent être absolument sûrs de ne pas rayer leur lame et d’obtenir rapidement un excellent tranchant  des appareils sont maintenant sur le marché, on en trouve chez tous les bons armuriers. Rapides et sûrs, même pour quelqu’un de totalement dépourvu de compétence en la matière, ces appareils seront la providence des novices, des maladroits et, dans un autre domaine, des maîtresses de maison.

La pierre permet de redresser des situations assez graves, encore qu’elle reste excellente pour l’entretien courant.
Si, par malheur, vous avez laissé les choses se dégrader trop avant, il vous faudra refaire, et refaire entièrement les biseaux c'est-à-dire les affûter.
La meule à eau tournant dans un auget est un instrument qu’il vaut mieux laisser aux professionnels ou en tout cas aux initiés.
L’amateur dispose depuis quelques années d’appareils qui permettent de redresser bien des situations désespérées, crans sur le tranchant, tranchant émoussé à l’extrême, pointe tordue et même cassée par exemple.
On notera bien entendu que les pierres à eau ou à l’huile restent efficaces pour ces cas - là aussi, à condition de s’être entraîné comme indiqué plus haut. Un amoureux de couteaux digne de ce nom ne confiera jamais le soin de les entretenir à quelqu’un d’autre, même à un ami, car cet entretien fait partie du plaisir de les posséder et il représente une véritable assurance vie pour le couteau.

On traitera de la même façon les couteaux à lame fixe et les couteaux pliants, qu’ils soient inoxydables ou non, en veillant à graisser  les lames inoxydables et à ne pas les replacer dans leur étui si on les laisse longtemps dans l’inaction car tous les cuirs sécrètent des acides qui attaquent l’acier. Rappelez-vous de ces cartouches qui verdissent quand vous les laissez dans un étui en cuir ...

Certain artisans (mais peu) effectuent des étuis en bois qui sont par la suite recouverts de cuir. Ceci évite que le cuir en contact avec la lame, et ainsi l’oxydation due aux acides y contenus.
De plus, l’étui de bois  (du tilleul ou du magnolia) est de ph neutre en n’attaque pas la lame. Mieux encore, cet étui de bois évite de couper le cuir et assure une protection optimale de l’utilisateur.

 

   

Pour le stockage, certains placent leurs lames dans une vitrine sans humidité, c’est une excellente pratique.

Pièce très importante pour un chasseur, le couteau demande un entretien minime. Certes, les aciers inoxydables modernes sont remarquables et permettent, grâce à leur teneur élevée en carbone, d’obtenir des tranchants  extraordinaires, mais il faut néanmoins veiller à les essuyer, même si il est superflu de les graisser.
Pour les lames qui ne sont pas inoxydables, dont il convient de se souvenir qu’elles sont les meilleures,il ne faut pas oublier de les graisser et de les entretenir plus que les autres.

   

Les lames en acier carbone ou en damas de bonne qualité telles que celles de la pluart de ceux illustrant cet article ont une agressivité et surtout une durée de vie du tranchant plus élevées du fait des carbures très fins qu’elles développent. De plus, ces lames sont plus résistantes à des chocs sur des matériaux durs et dissiperont l’onde de choc de manière plus performante. Ceci est d’autant plus vrai pour les couteaux de chasse, qui sont souvent mis à rude épreuve.

   

Ne pas oublier qu’un couteau de chasse ayant servi présentera toujours quelques petites rayures inévitables, tout comme un homme qui, avec l’âge et l’expérience, possède quelques rides, lui conférant tout son charme.
Là comme ailleurs, il convient de savoir garder la mesure entre des soins assidus et compétents et une maniaquerie excessive, de veiller à l’essentiel sans se tourmenter inutilement pour le superflu.
L’entretien de l’étui est celui de tous les bons cuirs.

Un dernier conseil, tout à fait personnel, lorsque l’on vous tend un couteau pliant, demandez à ce que le propriétaire l’ouvre lui même et rendez-le lui ouvert, car on a tous sa façon très personnelle de fermer et d’ouvrir son couteau ! Combien de fois n’ai-je pas vu des chasseurs voulant, pour bien faire, refermer des couteaux en forçant sur la lame, sans penser que celui-ci possédait un cran d’arrêt ou en laissant  la lame claquer dans le manche, et ainsi émousser la lame ...

Pour en savoir davantage à propos de :


M. R. et J-F COLLA artisan coutelier

Crédit photographique : © Jean-François Colla - Coutelier Forgeron - http://jfcolla.com

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