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Chasse gardée

Date : 18/05/2009

Nous vous proposons ce très intéressant article relatant une expérience de collaboration de terrain efficace entre les chasseurs, les gardes et les zones de police, car il nous semble susceptible de concourir à donner une image positive du rôle que peut/devrait jouer le monde cynégétique dans la préservation de l'environnement au sens le plus large du terme.
Qui sait, cela inspirera-t-il peut-être l'un ou l'autre président de conseil cynégétique (chargé de la coordination du gardiennage), voire les chasseurs et gardes champêtres particuliers en général, sinon les autorités wallonnes en charge de la problématique.

Si la saison de la chasse a pris fin, la traque aux braconniers, aux auteurs de déversements clandestins et autres vandales de tout poil se poursuit invariablement sur le territoire de la zone de police de Saint-Trond/ Gingelom/Nieuwerkerken. Le rôle joué par les chasseurs et les gardes forestiers est, à cet égard, d'une grande importance. En effet, qui, sinon ces derniers, connaît mieux les champs, prairies et plantations fruitières de Hesbaye? La police s'y rend rarement mais les nuisances laissent des traces...

SAINT-TROND/GELINDEN - Le protocole de coopération entre la police locale et les chasseurs et gardes forestiers n'est, ni plus ni moins, que la concrétisation officielle d'accords de plus longue date entre chasseurs et services de police. Les chasseurs et les gardes forestiers peuvent signaler toutes formes de nuisances dépôt de détritus, déversements clandestins ou incinération de déchets, présence de voitures ou cyclomoteurs sur des chemins de remembrement auxquels ils n'ont pas accès, braconnage, non-respect de la bande d'un mètre de terrain 1 par les agriculteurs, etc. 

La police, de son côté, s'engage à intervenir. "Auparavant, nous avions, en tant que gardes champêtres ou gestionnaires de la faune, beaucoup plus de pouvoir et de crédit", témoigne Jef Thewis, chasseur et gestionnaire de la faune à Gelinden. "Les choses ont changé. Aujourd'hui, lorsque j'aperçois une voiture se trouvant à un endroit où elle ne devrait pas être ou quelqu'un jeter de son coffre un sac de détritus, le fait d'interpeller la personne n'a que peu d'effet, c'est le moins que l'on puisse dire. Toul ce que je peux faire, c'est noter le numéro de plaque et le transmettre à l'agent de quartier. Récemment, j'ai assisté à quelque chose de plus frustrant encore. J'avais remarqué que le chien d'un agriculteur se sauvait régulièrement pour chasser. Cet animal vorace avait déjà attrapé du gibier et était en train de perturber le biotope des oiseaux nidifiant au sol, tels que les faisans. Lorsque j'ai demandé à l'agriculteur, avec prévenance, de tenir son chien dans la cour de la ferme, mon message est tombé dans l'oreille d'un sourd. Ce n'est qu'après l'intervention de l'agent de quartier que l'agriculteur est revenu à de meilleurs sentiments (soupir). y a quarante ans, ce chien aurait été abattu sans autre forme de procès... Mais les temps ont changé, n'est-ce pas !"

"El il y a quarante ans, les policiers sortaient d'abord leur matraque, et puis seulement dialoguaient", plaisante l'inspecteur principal Herman Missotten, qui coordonne et effectue le suivi du protocole de chasse pour la zone de police. " A l'heure actuelle, la fonction de police orientée vers la communauté est notre devise. "

Fonction de police orientée vers la nature

La nature fait partie de la 'communauté' et mérite, tout autant que les zones habitées, une fonction de police adaptée. La population et, à plus forte raison, la faune, la flore et les chasseurs, cyclistes et promeneurs, y sont toutefois particulièrement dispersés. Étant donné que la police consacre principalement son attention aux personnes, il est logique qu'elle ne soit pas omniprésente dans la nature. "Les accords avec des partenaires externes davantage présents constituent une solution", souligne Herman Missotten. "Les chasseurs et gardes forestiers sont ces partenaires. Ils sont nos yeux et nos oreilles sur les terres et terrains de chasse. Leurs conseils sont, principalement pour nos agents de quartier, d'une grande valeur dans l'approche des différentes nuisances, malgré tout bien présentes. Il y a quelque temps, nous étions confrontés à une véritable épidémie d'incendies : cageots en bois destinés à la récolte des fruits, foin sur les champs, etc., sans compter les nombreux vols de matériel ou de récoltes commis la nuit. Le braconnage et les dépôts clandestins sont toutefois plus fréquents. Nous venons de mettre sur pied un organe de concertation permettant à la police et aux chasseurs/gardes forestiers de se réunir régulièrement pour discuter des problèmes et rechercher des solutions durables convenant tant aux chasseurs qu'aux promeneurs, cyclistes et agriculteurs. Interdire les routes de campagne à la circulation fait partie des mesures prises."

Lorsque les moyens existent mais que la volonté fait défaut

KORTIJS - La zone de police de Saint-Trond/Gingelom/Nieuwerkerken, en plein cœur de la Hesbaye, est particulièrement étendue avec, autour de Saint-Trond, des plantations fruitières et, plus au sud vers la commune de Gingelom, des champs à perte de vue. Le hameau de Kortijs, par exemple, est renseigné dans maints ouvrages de géographie comme étant un village d'agriculteurs typique entouré de champs, comptant quatre rues, des prairies, une église et à peine 300 âmes, dont la plupart vivent et/ou travaillent dans une ferme, ainsi qu'un réseau routier qui, outre les quatre rues, s'étend à travers champs. -Au début, tout le monde ne s'est pas montré enthousiaste face à la décision de limiter la circulation sur la plupart des chemins de campagne aux agriculteurs, cyclistes, promeneurs et chasseurs. Pourtant, en certains endroits, certaines nuisances comme les déversements clandestins, le vandalisme et même la consommation de drogue prenaient des proportions effrayantes", nous explique Herman Missotten. Jef Thewis opine du chef, ajoutant même n'y aura jamais assez de contrôles. La préservation de la nature prime. Celui qui n'a rien à faire dans la campagne doit en être chassé."

Problème d'image et chasse au gibier d'élevage

À première vue, il semble paradoxal que les chasseurs, qui " tirent sur tout ce qui bouge et qui vole ", soient dépeints comme des protecteurs de la nature et des traqueurs de nuisances. Jef Thewis est conscient de ce stéréotype, auquel il avance l'explication suivante "Il y a chasseurs et chasseurs. D'un côté, les gestionnaires de la faune, tels que nous, qui chassent de manière planifiée. La chasse nous occupe tout au long de l'année. Au printemps, nous recensons le gibier et calculons le nombre d'individus que l'on pourra tirer en automne. Par exemple, en 2008, ici à Gelinden, nous avons principalement chassé le lapin de garenne, car leur surpopulation favorisait la propagation de maladies. Nous n'avons tiré qu'un seul lièvre et uniquement les coqs faisans. En tant que chasseurs et gestionnaires de la faune, nous nous efforçons de maintenir l'équilibre fragile entre gibier (perdrix, lièvres, etc.) et prédateurs (faucons, buses, hiboux, etc.) et veillons à la préservation de la flore. L'autre catégorie de chasseurs, en revanche, est composée de tireurs du dimanche et de cow-boys. Ces derniers lâchent du 'gibier' d'élevage pour le tirer - l'élevage de gibier tel que le faisan est par ailleurs interdit et la police intervient également à ce niveau - et se contrefichent de la préservation de la nature et de la gestion de la faune sauvage. Et si ces 'chasseurs' ne nous font pas une mauvaise réputation au sein de l'opinion publique, les braconniers s'en chargent à leur place. Ceux-ci chassent essentiellement par appât du gain, pour vendre du gibier au consommateur. Ils chassent la nuit et sont équipés comme des professionnels, avec des lunettes de nuit, etc. !"

Le mot de la fin revient à Ludwig Vandenhove, président du collège de police de Saint-Trond : "Beaucoup de gens ont une image erronée des chasseurs et pensent qu'ils ne font que tirer du gibier. Cependant, en tant que gestionnaires de la faune, ils s'occupent également de la nature et veillent à instaurer un climat de calme et de tranquillité. Tout qui souhaite exploiter activement la nature, tant de manière professionnelle (agriculteurs, fruiticulteurs) que récréative (chasseurs, cyclistes, promeneurs) doit pouvoir le faire de manière conjointe et prendre soin de l'environnement. C'est la philosophie que nous voulons inculquer. Les gens doivent pouvoir s'arranger entre eux, sans l'intervention des autorités."

1 Bande de terrain public d'un mètre de largeur située de part et d'autre des chemins de remembrement et servant d'habitat pour la faune (oiseaux nichant au sol, entre autres) et de zone tampon contre l'érosion et les coulées de boue.

Article extrait du magazine trimestriel de la police intégrée "inforevue" 01/2009 - pp. 10 à 12 inclus - et reproduit avec l'aimable autorisation de la Direction des relations internes de la police fédérale (DSIC).

Site : http://www.polfed-fedpol.be/pub/inforevue/pub_inforevue_fr.php

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