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Les Chouettes effraie et les Phodiles ou Chouettes baie de la famille des "Tytonidae"

Date : 10/07/2009

Les chouettes effraie et baie de la famille des "Tytonidae" sont des rapaces nocturne de taille moyenne. Elles diffèrent des "Strigidae" par la collerette de petites plumes ou disque facial qui entoure leurs yeux, par leurs pattes relativement longues, minces, garnies de plumes comme les doigts et par l'ongle du doigt médian pourvu d'une série de fines denticulations. Leur plumage est soyeux et épais, leur disque facial en forme de cœur. Leurs grandes oreilles leur confèrent une acuité auditive exceptionnelle. Leur plumage, aux tons dominants fauves, orangés, bruns, blancs voire noirs, est semblable chez les deux sexes mais la taille des femelles est supérieure à celles des mâles.

Introduction

Les quelque 13 espèces d'effraies et deux de chouettes baie peuplent les cinq continents mais font toutefois défaut dans la plus grande partie de l'Asie, à l'exception de l'extrême Sud, en Scandinavie, au Canada. Cinq  espèces sont propres à l'Australie. Sédentaires, ces oiseaux ont adopté un mode de vie strictement nocturnes mais, en cas de nécessité, elles sont toutefois capables de se déplacer au grand jour. Toutefois, elles l'évitent autant que possible car elles sont alors houspillées par des passereaux diurnes.

Les Tytonidés ne font pas de nids mais certaines d'entre elles sont encore rupestres et nichent dans des rochers, carrières mais aussi dans les granges, clochers d'églises, arbres creux voire à même le sol. Les œufs, au nombre de 6 à 8, rarement 12 et même 16, sont blancs comme chez la plupart des espèces cavernicoles. L'incubation dure de 30 à 34 jours. Les pulli sont vêtus d'un abondant duvet blanc.

La bromatologie de la famille, ou spectre alimentaire comporte surtout de petits mammifères (rongeurs et insecticores), et accessoirement des batraciens, passereaux et insectes.

Le type même de la famille est la chouette effraie "Tyto alba"

Systématique

L'ordre des Strigiformes englobe tous les rapaces nocturnes et comprend deux familles, les Tytonidae (chouettes effraie et baie ou phodiles) et les Strigidae (Hiboux Grands-Ducs, Petits-Ducs, Ketupas, Chouettes pêcheuses, Chouettes Chevêchettes, Chouettes Chevêches, Harfangs, Sturnies, Ninoxes, Hiboux, Nyctales…

Les Chouettes effraie font partie intégrante de l'ordre des Strigiformes, du sous-odre des Strigi, de la famille des Tytonidae et de la sous-famille des Tytoninae. Elles appartiennent au genre monotypique "Tyto". Quant aux Chouettes baies ou Phodiles, elles font partie de la même famille mais sont propres à la sous-famille des "Phodilinae".

Les espèces d'effraies sont au nombre de treize, chiffre variable suivant le traitement d'espèce ou de sous-espèce que les taxonomistes leur attribuent. Quant aux Phodiles, elles sont au nombre de deux, soit la Phodile du Congo ou de Prigogine "Phodilus prigoginei" et la Chouette baie ou Phodile calong "Phodilus badius". Les différentes espèces d'Effraies ont pour nom l'Effraie jaune "Tyto soumagnei"; l'Effraie à face grise "Tyto glaucops", parfois considérée comme sous-espèce de la Chouette effraie; l'Effraie des Célèbes "Tyto rosenbergii"; l'Effraie de Sula ou de Taliabu "Tyto nigrobrunnea"; l'Effraie de Minahassa "Tyto inexspectata"; la Petite Effraie "Tyto sororcula"; l'Effraie masquée "Tyto novaehollandiae"; l'Effraie dorée "Tyto aurantia"; la Grande Effraie ou Effraie géante "Tyto tenebricosa"; l'Effraie fuligineuse "Tyto multipunctata"; l'Effraie des prairies "Tyto longimembris"; l'Effraie du Cap "Tyto capensis" et enfin notre Chouette effraie ou Effraie des clochers, la "Dame blanche".

Causes de mortalité & statut dans quelques pays d'Europe

Les effraies sont très sensibles aux fluctuations cycliques des campagnols et adaptent leur fécondité en conséquence. Il en résulte qu'une abondance de rongeurs est brutalement suivie d'un effondrement de leurs populations au moment où les effraies se sont multipliées à l'excès. Très sensibles au froid et à l'humidité, les oiseaux hivernants peuvent être décimés par une mortalité de grandes proportions. Les réserves de graisse de l'effraie sont très faibles, elles sont estimées à 5 % du poids de l'oiseau alors qu'elle varient entre 9 et 15 % chez certains strigidés. Géroudet estime que l'amaigrissement deviendrait critique autour et au-dessous d'un poids de 230 grammes. En cas d'enneigement, une couche inférieure à 3 cm favorise plutôt les captures de l'effraie. Par contre, Bühler admet que les mortalités massives sont causées par un enneigement supérieur à 7 cm durant plus d'une semaine, les micrommamifères circulant alors librement à l'abri de la neige. D'après Güttinger, le froid n'est qu'une circonstance aggravante et non causale. L'effraie peut mourir d'inanition dans les 8 jours avec une perte de poids de 20 %, en cas d'enneigement ou autres intempéries, estime Piechocki (1960).

La chouette effraie a une constitution délicate d'oiseau méridional. L'instabilité des ressources alimentaires, vu sa dépendance des populations de micrommamifères, ainsi que les écarts considérables de température, la mettent régulièrement dans une situation précaire. Les sujets des dernières nichées sont plus exposés que ceux des premières. Ce taux important, que je vais détailler, est heureusement compensé par un taux élevé de fécondité.

D'autres dangers très sérieux menacent encore l'espèce: l'emploi des pesticides qui l'empoisonnent par l'ingestion de proies contaminées; la noyade dans un bac de fontaine, un tonneau, un abreuvoir pour bestiaux (j'ai eu deux cas de mortalité par noyade dans un tel abreuvoir à Lexhy, de jeunes bagués au nid); les dangers de la circulation de plus en plus dense et meurtrière pour l'espèce; les chocs mortels contre les trains; l'impact avec des fils aériens; l'emploi, interdit mais toujours pratiqué et heureusement de plus en plus rare, du sinistre piège à poteau, que l'espèce choisit comme perchoir ou poste d'affût de prédilection; la persécution par ignorance ou pour éloigner les esprits malins, ou tout simplement pour se défaire d'un voisinage importun, et j'en passe… Ces lignes que j'ai rédigées dès 1980 gardent encore toute leur actualité. Néanmoins, l'action courageuse des protecteurs de Rapaces et l'information qu'ils font passer au grand public jouent un grand rôle dans une meilleure connaissance des Nocturnes, voire leur protection… L'Effraie en a bien besoin.

Les travaux de Muller (1991), portant sur des effraies baguées de 1977 à 1984 permettent à cet ornithologue d'estimer à 400 jours (254 cas retenus) la durée moyenne de port de bague des effraies d'Alsace-Lorraine, ce qui porte à 440 jours (âge des jeunes des jeunes au moment du baguement ajouté), soit 1 an 2 mois ½ de durée de vie moyenne. La mortalité des jeunes effraies alsaciennes est très forte dans leur première année et atteint les 61 %. En ajoutant les reprises de 2ème année, Muller en arrive à 89 %. Les données de Muller sont très proches de celles obtenues par H. Baudvin pour la Bourgogne (90 %), par U. Sauter pour l'Allemagne de l'ouest (87 %), M. Schönfeld pour l'Allemagne de l'est (91 %) et enfin celles de S. Braaksma et O. de Bruijn pour les Pays-Bas (87 %). Glutz et Bauer, dans leur monumental "Handbuch" évaluent à 72,7 % la mortalité juvénile en R.D.A., sur base des travaux de Schönfeld (1974 ainsi qu'à quelque 61 % la mortalité des adultes. La mortalité des effraies de première année en Suisse atteint 67,7 %, celles de 2ème année 50,7 % et enfin celles de 3 ans quelque 42,9 % (Glutz et Bauer, 1980). (…)

Mesures de protection pour favoriser la nidification de la Chouette effraie

Vu son attachement à l'homme, lequel ne lui rend pas toujours bien, notre chouette effraie trouve facilement où se nicher. Cependant, de plus en plus d'églises sont grillagées pour éviter l'intrusion des pigeons. Il est alors utile de favoriser sa reproduction en plaçant des nichoirs aux endroits favorables, granges, greniers, églises ou tout autre bâtiment pourvu d'une lucarne ou trou permettant à la Dame Blanche d'y pénétrer et d'élever sa progéniture.

Des réalisations concrètes, œuvres de particuliers, amoureux des effraies, ou d'organismes de protection, ont déjà vu le jour et ont donné des résultats très positifs. Les allemands ont installé des milliers de nichoirs. Ainsi, L. Schwarzenberg (1985), dans la Sarre, a fait œuvre de pionnier et, de 1963 à 1984, il a équipé avec ses collaborateurs plus de 180 églises. Une association allemande, "l'Arbeitsgemeinschaft Naturschutz" a mis en place 1.150 nichoirs, en 12 années, sur 4.500 km² dans le Sud du pays. Plus d'un millier de jeunes y ont vu le jour en 1989.

En France, après quelques timides essais entre 1970 et 1980, l'opération a pris de l'ampleur après 1980, "L'Action Chouette Effraie" de la Ligue d'Alsace pour la Protection des Oiseaux a placé plus de 200 nichoirs en une décennie dans le Haut-Rhin.

Je souhaiterais conclure ce chapitre par quelques lignes supplémentaires empruntées à Y. Muller, lequel m'a aidé dans la réalisation de cette étude:

"Il n'est pas nécessaire de disposer d'une grande église, d'un vieux château ou d'une maison en ruines pour attirer un couple d'Effraies. Les Dames Blanches occupent aussi les nichoirs installés dans des habitations de taille moyenne, du type villas de lotissement. Plusieurs amis en ont fait l'expérience et cohabitent sans problème avec un couple d'Effraie sous toiture."

Modèle de nichoir pour Effraie

 

Sites potentiels pour le placement de nichoirs

 

Marcel Ruelle


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