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Les lâchers de tir : pratique d’avenir ou anachronisme ?

Date : 14/03/2011

Les lâchers de tir pourraient être définis comme des opérations qui consistent à libérer dans un territoire des animaux gibier adultes ou sub-adultes, élevés en captivité, en vue de les chasser dès que possible, sans objectif réel de gestion des populations ou des habitats.

Globalement, la chasse fait l’objet de débats plus souvent passionnels que rationnels. Les positions sont généralement contrastées et diffèrent entre les grandes agglomérations et la campagne. L’un des rares points communs qui subsiste entre chasseurs et non chasseurs est le fait que la chasse ne laisse pas grand monde indifférent.

Pratiquée « correctement » (avec respect pour la nature et ses différents usagers) la chasse continue d’être acceptée par la majorité de l’opinion publique. Les sondages et enquêtes montrent même que l’opinion est d’autant plus positive que les interrogés sont mieux informés des rôles socio-économiques et écologiques de la chasse.

A contrario, pratiquée sans égards pour autrui, la chasse n’a pas la cote : certaines pratiques cynégétiques apparaissent comme intolérables et sont régulièrement épinglées par les médias, même si l’objectivité et l’impartialité de l’information sont parfois critiquables.

En ayant à l’esprit l’importance de la formulation des questions vis-à-vis des résultats des sondages d’opinion, il nous semble malgré tout que l'opinion publique perd rapidement son attitude bienveillante à l'égard des chasseurs dès lors que l’on évoque des pratiques jugées trop artificielles.

La chasse du petit gibier, dont les populations souffrent des différentes formes d’agriculture intensive, est particulièrement exposée aux critiques. Dans ce contexte, la défendre ou la promouvoir n’est pas évident.

Parmi d’autres sujets, il en est un qui attire tout particulièrement les critiques de la part des non chasseurs : celui des « lâchers de tir ». En Région wallonne, le lâcher de tout animal vivant appartenant aux catégories « grand gibier » ou « autre gibier », est interdit. Celui du petit gibier et du gibier d’eau est autorisé, mais seuls le faisan commun, la perdrix grise et le canard colvert en font couramment l’objet. Parmi les lâchers, il nous paraît important de distinguer les lâchers « de tir » (les plus visés par la critique), des lâchers « de repeuplement » ou « de renforcement de populations ».

Les lâchers de tir pourraient être définis comme des opérations qui consistent à libérer dans un territoire des animaux gibier adultes ou sub-adultes, élevés en captivité, en vue de les chasser dès que possible, sans objectif réel de gestion des populations ou des habitats.

Les positions des uns et des autres

Le sujet des lâchers de tir divise le monde de la chasse wallon. Faute d’enquête à large échelle plus récente, nous citerons celle réalisée par le Groupe de Sociologie wallonne en 1993. Elle montrait que 41 % des chasseurs étaient partisans d’une chasse sans élevage (2.000 chasseurs questionnés ; 678 réponses ; 91 % chassaient le petit gibier). Par ailleurs, la grande majorité  des chasseurs (86 %) ayant répondu acceptait le « Code éthique du chasseur » proposé par la Conseil supérieur wallon de la chasse. Ce code suggérait notamment de n’introduire du gibier qu’à bon escient, en veillant à réunir les conditions grâce auxquelles ces repeuplements enrichiront les territoires de façon durable.

L’Arrêt du 11 mars 2002 du Conseil d’Etat a interdit avec effet immédiat tout lâcher de faisan en Région flamande. Le lâcher de perdrix est interdit également, comme il l’est déjà aux Pays-Bas et au Luxembourg. A l’évidence, le risque existe de voir naître un tel projet de texte règlementaire en Région wallonne : si ce n’est pas aujourd’hui, ce sera peut-être demain.

Selon le point de vue exprimé en décembre 2002 par Inter Environnement Wallonie (IEW, la fédération des associations environnementales de Wallonie), les lâchers devraient être interdits à moyen terme. IEW ne précise pas si les lâchers de tir sont les seuls visés ou si les lâchers de repeuplement le sont aussi. Les arguments mis en avant ont trait notamment aux possibles « effets préjudiciables en matière de pollution génétique et de transmission de maladies dues à une trop forte concentration dans les élevages ».

Le Parlement wallon, quant à lui, recommande : « de soumettre toute autorisation de repeuplement à l’élaboration d’un programme intégré de gestion des conditions de développement et de maintien de l’autonomie de cette faune (...). Ce programme, soumis à l’avis du conseil cynégétique et visant à terme l’abandon du repeuplement, devra idéalement comprendre des actions d’amélioration du biotope » (proposition de Résolution adoptée le 27 janvier 2004).

Quelle réaction faudrait-il adopter face à cette problématique ? Faire sien l’adage : « Pour vivre heureux, vivons caché » et taire le sujet ? Défendre les acquis et tenter une lutte contre ce qui semble être un courant de fond ? Ou prendre un rôle plus proactif dans le débat sur la pratique des lâchers (tout en menant une large campagne d’information et de sensibilisation sur l’impact réel d’une chasse durable sur la biodiversité) ?

Nous pensons qu’il faut en débattre et qu’il est possible de proposer des solutions satisfaisantes pour les différentes parties. A nos yeux, le pire serait d’opter pour la politique de l’autruche. L’idée est d’empêcher les retombées négatives des lâchers de tir massifs, tout en autorisant la création ou le renforcement de populations, avec certaines mesures d’accompagnement. Ces mesures auraient trait à l’époque de la mise en liberté des oiseaux, à la superficie des territoires concernés, à l’origine des oiseaux mis en liberté, à leur âge, à la gestion des prélèvements, au contrôle de l’impact de la prédation, voire à la gestion de l’habitat et à la quiétude. Chacun de ces points mérite un débat ouvert.

Le texte complet

Le texte complet est disponible en annexe en format pdf (voir en haut de page, dans la colonne de gauche).

M. de Tillesse


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